Tourvel

Comme c’est le cas pour l’essentiel des familles de haute naissance du royaume, Tourvel désigne à la fois une famille à la prestigieuse lignée, une région géographique et son fief.

Située au nord de Tapel et au sud est de vieux bois, Tourvel est une région centrale et peuplée des marches. Les elfes féériques qui y règnent sans partage limitent le plus possible l’influence des membres des autres races en ces lieux. Alors que les humains peinaient encore à maîtriser la forge du fer, ce peuple surgit, d’après les légendes, de la forêt, bardé d’acier et le feu ésotérique à la main, et prit le contrôle de ces terres en y bâtissant une place forte redoutable, castel Tourvel, d’où ils rayonnèrent sur les alentours. Le royaume n’étant pas unifié à l’époque, les elfes en profitèrent pour asseoir leur hégémonie implacable sur les marches.


Castel Tourvel

Malgré des tensions et plusieurs batailles, la famille de Tourvel tint les Marches orientales dans son poing de fer pendant plus de 900 ans. Alors qu’en tous lieux les elfes se mêlèrent aux humains, mélangeant le savoir faire ancestral à la vigueur d’une race plus jeune et énergique, les unions mixtes furent violemment rejetées ici, l’élitiste des éldarins les faisant cracher sur les autres races jugées primitives.

Un nombre considérable d’elfes féériques mourut il y a trois cent ans dans ce qui est aujourd’hui noté dans les grimoires les plus anciens comme “le fléau”, mais dont très peu connaissent la vraie nature. Le roi de l’époque en profita pour repeupler les marches avec de nombreux immigrés humains, noyant l’influence des Tourvels avec de nombreux nouveaux nobles locaux d’autres races. Ce qui était autrefois pour eux un immense duché n’était plus qu’une vaste baronnie, bien que le seigneur de Tourvel conserva alors son titre de grand duc des marches.


Un avant poste éladrin aux frontières ouest du domaine de Tourvel

Un nouveau coup dur fut porté à la famille par la couronne il y a 80 ans. Le duc Paelias de Tourvel ne règnait déjà plus que sur les terres entourant son fief et sur les vastes plaines fertiles de l’est, qui faisaient de lui l’homme le plus influent et riche de ce coté des montagnes. Il se rendit à la tête d’une armée de 70 000 hommes, fantassins, archers et mages, commandant un vaste ost composé de représentants de toutes les marches à l’ouest de celles ci pour soutenir son suzerain lors d’une vaste guerre contre des rebelles demi orcs.

Lorsque le roi lança sa propre armée à l’assaut d’une innombrable horde de peaux vertes, Paelias ordonna à ses troupes de prendre position sur les collines voisines, mais de ne pas intervenir malgré les nombreuses demandes de son seigneur. Les armées du maître de tous les royaumes héroïques étaient en grande infériorité numérique, et se firent petit à petit tailler en pièce par la meute sauvage des orcs.

Monseigneur Arjhan de Tappel, éternel rival de Paelias et second noble le plus influent de l’armée, fit sonner la charge aux sons des cors et des tambours, désobéissant effrontément aux directives de son seigneur. De nombreux officiers donnèrent de la voix pour annuler son commandement, mais les braves soldats des marches, outrés par l’infâme trahison de Paelias, chargèrent de concert sur le flanc de la horde d’orcs, la faisant vaciller, puis ploir sous la fureur de leur juste vindicte. Les membres de l’ordre de la reine Corneille concentrèrent tous leurs efforts pour guider les troupes de l’armée contre l’ennemi, et bien que les forces du roi subirent de lourdes pertes, celui ci arracha au destin la victoire grâce à la fidélité d’un de ses barons.

Le sort de la famille Tourvel fut scellé lors de cette bataille, dite des collines de Belnumor. Le souverain ne put exercer toute l’étendue de sa fureur, une grande partie de ses sujets étant des elfes de différentes races, il dut se contenter de faire exécuter le traitre, confisquant à son clan les riches plaines de l’est dont il fit cadeau aux Tappels. Il décida qu’il n’y aurait plus de duc dans les marches, et que la famille Tourvel serait contrôlée par un de ses cousins.

Tancred de Tourvel, le fils de Paelias, se révéla un redoutable prédateur politique. Il déploya de grands efforts auprès de nobles influents du royaume pour éconduire le cousin du roi et géra d’une main de maître son domaine et ses attributions. Considéré par tous comme le fils d’un traître, il bénéficie du soutien inconditionnel des puissants eldarins du royaume, et de tous les partisans hostiles au roi, qui voient l’action de son père comme une juste revanche envers la colonisation de ces terres, autrefois elfes, par des humains.


Monseigneur Tancred de Tourvel, baron et protecteur des peuples eldarins et gnomes

La famille, la pureté de la race elfique et la reprise des marches auprès de ces parvenus des autres races sont ses priorités. Il épousa dame Anastriaha des trois lunes, la fille d’un riche duc de l’ouest qui le rendit lui même riche et puissant, mais pas heureux. Ce mariage arrangé n’était rien de plus qu’un outil destiné à l’aider à parvenir à ses fins. Il délaissa son épouse, celle ci n’évitant qu’à grand peine d’être envoyée en retraite religieuse dès leur premier enfant né. Les plus moqueurs de ses sujets disent qu’il ne passa dans la couche conjugale pas plus de temps qu’un souffle de brise, et peu de ses concitoyens comprennent qu’il accorde si peu d’intérêt à sa magnifique et cultivée épouse.


Dame Anastriha des trois lunes, baronne de Tourvel, lors de la cérémonie prénuptiale de présentation à son époux

Depuis des siècles, Tourvel fournit de nombreux officiers et mages de talent aux armées de tout le royaume, ceux ci servant fidèlement pendant vingt ans avant de pouvoir rentrer chez eux. Cela n’est pas pour déplaire à Tancred qui y voit un moyen d’obtenir des contacts et des alliés au sein de nombreux corps armés du royaume. Le baron voue également un respect rare aux gnomes dont la communauté a une immense guilde au fief. Moulins à vent efficaces, systèmes de levage de charges, égouts et immenses constructions sont des créations mêlant le génie gnome à l’art éldarin, qui ont grandement contribué au renouveau de la puissance des Tourvels ces dernières décennies dans la région.

Bien qu’il n’ai plus de droits seigneuriaux sur les terres fertiles de l’est, le comte y a fait bâtir à ses frais des minoteries et des manufactures rendues très efficaces par l’art gnome, et qu’il rentabilise désormais en louant leurs services à prix d’or.

L’escrime, le tir à l’arc et la magie sont des arts du combat très estimés dans la région, qui font écho à tous les arts littéraires, culturels et théatrals qui y sont aussi en vogue. On dit que le comte est un bretteur formidable doublé d’un lanceur de sort redoutable, et plus d’une conversation dans les marches fantasme un duel avec son éternel rival, le baron Ludvig de Tappel.

Tourvel

Sword shame josua josua